18/02/2024

Le moulin et le bief de Longvic peuvent renaître

Dans l'article publié le 5 février 2024 (Bien Public), la nouvelle maire de Longvic, Céline Tonot, discute des priorités de la ville. Elle mentionne l'impossibilité de remettre en eau un bief pour des raisons réglementaires, contrairement aux engagements antérieurs, alors qu'une crue avait partiellement emporté un seuil de répartition des eaux de l'Ouche. Notre association réagit.


© Damien Rabeisen / France 3 Bourgogne

Commentaire de l'association Hydrauxois
Le moulin et le bief de Longvic peuvent renaître

Suite à l'article paru le 5 février 2024, il est nécessaire de rectifier certaines informations concernant le projet de remise en eau du bief à Longvic. José Almeida, l'ancien maire, s'était engagé à cette remise en eau avant la fin de son mandat, selon le BP du 7 mars 2023. Hélas, il n'en a rien été, les dossiers sur l'eau étant toujours entravés en France par un harcèlement normatif peu gérable. Contrairement aux déclarations de Céline Tonot, la nouvelle maire, aucune considération réglementaire ne s'oppose formellement à ce projet. En effet, le site est soumis à l'obligation de rétablir la continuité écologique, ce qui inclut la protection des poissons et des sédiments, mais la loi et la jurisprudence permettent de reconstruire totalement ou partiellement un ouvrage.

Il serait inexact  d'affirmer que la loi demande la destruction du bief ou de l’ouvrage; aucune loi ne le stipule. Au contraire, les moulins et leurs ouvrages sont protégés par la législation depuis la loi de 2021 ayant réformé l'article L 214-17 du code de l'environnement, interdisant même l'obtention de subventions pour leur destruction. Ce moulin de Longvic, fondé sur titre en 1858, avec son bief, représente un patrimoine à valoriser pour ses aspects culturels, historiques, et écologiques. Il contribue à la gestion des risques d'inondation en servant de bras secondaire à la rivière Ouche. Il abrite une faune et une flore spécifiques.

La remise en eau du bief offrirait un espace de refuge pour la faune aquatique en période de sécheresse et permettrait la production d'énergie renouvelable, comme le démontre l'exemple de Plombières-les-Dijon qui relance un projet hydro-électrique. En 1921, la puissance du moulin était de 89,2 kW, preuve de son potentiel énergétique notable. La loi française demande aux collectivités de développer les énergies renouvelables sur leur territoire, or l'énergie de l'eau est parmi les plus populaires : il appartient aux élus de l'inventorier et d'aider à la développer.

Notre volonté de voir un projet alternatif se réaliser reflète l'intérêt patrimonial, écologique, et énergétique que représente le bief pour Longvic et ses habitants. Nous appelons les citoyens à se manifester en ce sens.

3 commentaires:

  1. Valerie Grandet12 mars 2024 à 23:23

    En total accord avec Hydroauxois.
    Nous demandons la communication des études depuis des mois en tant que conseillers municipaux mais sans succès pour le moment qui ont pourtant coûté plus de 230 00€ aux contribuables Longviciens.
    Nous souhaitons la remise en eau du bief !

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    1. Merci, nous avons demandé la communication de ces études (qui ont déjà coûté aussi cher que la reconstruction d'un seuil....). Nous espérons que la mairie nous les adresse en toute transparence et sans avoir à saisir la CADA.

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    2. Après la reconstruction est conditionnée au respect de la continuité écologique (car il s'agit d'une obligation réglementaire). Et vu que la continuité écologique est déjà rétablie, je ne pense pas qu'il y aura de l'aide de l'agence de l'eau pour refaire le seuil avec une passe à poisson par exemple. Après pour que le bras contribue à la gestion du risque inondation il faudrait que le niveau d'eau soit abaissée avant chaque crue pour avoir un pouvoir de stockage de l'eau. C'est le principe de la baignoire, si elle est déjà pleine (donc si l'ouvrage est déjà à son niveau au déversoir) , bah ça ne sert à rien !

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