lundi 11 janvier 2016

Différentes manières de regarder la même rivière (ou l'origine de certains dialogues de sourds)

Comment estimer l'impact des ouvrages? En message privé, un lecteur s'interrogeait sur ce qui lui semble un paradoxe: nous mettons en avant des études quantitatives qui soulignent une faible variance piscicole due aux ouvrages hydrauliques (par exemple Van Looy et al 2014, Villeneuve et al 2015, Cooper et al 2016 pour les plus récentes); pourtant, on trouve aussi beaucoup de travaux scientifiques qui insistent sur l'impact local des seuils et barrages, en montrant que les peuplements changent effectivement dans leur zone d'influence. Tentative d'explication à ce sujet, où l'on s'aperçoit qu'une même réalité peut toujours s'appréhender selon différentes perspectives, au plan scientifique... comme au plan démocratique.

Pour commencer, soulignons que les rivières ont été modifiées par l'homme de longue date, en particulier sur les continents densément peuplés ayant développé des aménagements hydrauliques depuis quelques millénaires. De leur côté, les indicateurs de qualité piscicole utilisés pour identifier des variations quantitatives et qualitatives de peuplement sont de construction très récente. Ces indicateurs sont donc étalonnés sur une variabilité qui n'est déjà plus naturelle, mais changée par l'homme. Pour prendre un exemple : il y avait au Moyen Âge, et parfois jusqu'au début du XXe siècle, des saumons, des grandes aloses, des lamproies marines dans certaines rivières de Bourgogne. A l'exception des marges du bassin de Loire, et hors empoissonnement artificiel, ces espèces ont aujourd'hui disparu (pour diverses raisons, les plus petits obstacles n'étant pas en cause). Les indicateurs de qualité piscicole ne vont pas en tenir compte. Il y a une certaine logique à cela: en dehors peut-être de certains cénacles conservationnistes attachés à une approche fixiste de la biodiversité idéale et "muséale", on n'analyse pas un système vivant en fonction de son état supposé au Moyen Age, dans l'Antiquité ou au Paléolithique, mais selon ses dynamiques présentes qui incluent les influences anthropiques.

Zoom ou plan large : pas la même image
Mais le "paradoxe" s'explique surtout d'une autre manière. Il dépend de l'hydrosystème étudié: on peut choisir de "zoomer" sur une zone particulière, ou bien de faire un "plan large" sur un grand linéaire.

Le premier choix du zoom s'inspire souvent des méthodes par micro-habitats et guildes d'espèce : sur une échelle allant du mètre au millier de mètre, il s'agit de voir quelles zones physiques sont favorables à de quels assemblages biologiques. On est là dans l'examen et l'inventaire de détail.




Cette figure représente un seuil, dans l'image de gauche. Mettons qu'il s'agit d'une rivière située entre la tête de bassin et une vallée moyenne, donc avec une certaine pente (dans la zone à ombre par exemple). A l'amont (point A), un habitat naturel dit lotique (eaux vives) et  dans la retenue du seuil (point B), un habitant artificiel dit lentique (eaux calmes).

L'approche par zoom consiste à comparer les habitats A et B, à généralement poser que l'habitat B est "altéré" car ne correspondant pas aux conditions naturelles de pente, température, substrat, hauteur et largeur d'eau. En cas de restauration de continuité écologique (image de droite) on va supprimer le seuil et rendre à l'écoulement ses formes naturelles, spontanées (la rivière dessinera elle-même son lit).

En comparant avant et après la biologie et la morphologie au niveau du point B, on observera forcément des différences : l'habitat lentique sera devenu lotique, avec divers faciès dans le meilleur des cas (des radiers, des plats, des mouilles), un substrat de fond qui aura changé (moins de vase, plus de sable et gravier), un lit moins large et un écoulement plus rapide, etc. Fort logiquement, cet habitat modifié sera colonisé par les espèces (poissons, invertébrés, plancton, végétaux) qui y sont adaptées.

Notre lecteur a raison : la littérature scientifique comme la littérature grise sont pleines d'articles et monographies qui attestent ce point. C'est généralement cette littérature qui est mise en avant pour dire que la continuité écologique produit des résultats significatifs et intéressants.

Nous qualifions parfois ces résultats de "triviaux" non par mépris pour ce type d'approche (intéressante en soi pour le naturaliste et l'écologue), mais parce qu'ils consistent simplement à dire qu'en recréant un habitat lotique, on augmente localement la densité d'espèces lotiques ; et qu'en supprimant une retenue, on aura d'autres faciès morphologiques et d'autres substrats sur le site effacé. Il ne devrait échapper à personne que ce résultat, quoiqu'entouré de termes fort savants, n'a rien de vraiment exceptionnel!

Le seuil et sa retenue, un biotope particulier au sein de la rivière
Maintenant, prenons un peu de hauteur, et regardons le tronçon entier, ce que nous avons appelé le "plan large" (en fait, le vrai plan large serait la rivière, voire le bassin versant).

On s'aperçoit que notre premier ensemble étudié (qui se retrouve à l'amont, en haut et à gauche) s'inscrit en réalité dans un hydrosystème plus complexe. Dans cette partie de rivière, il y a des seuils successifs avec leurs retenues lentiques, mais il y a aussi un linéaire à écoulement naturel qui échappe à l'emprise des retenues (les points C, D, E). Si l'on se promène le long des rives, on observera sur ces zones la fameuse diversité morphologique absente des retenues. En regardant l'ensemble, on peut aussi se dire que les retenues ajoutent une diversité absente à l'origine, avec des types d'écoulement nouveaux (grands plans d'eau) par rapport à ceux offerts par le milieu naturel.

Si l'on fait des pêches de contrôle pour analyser la diversité de ce tronçon, il est normal de ne pas observer un grand impact des obstacles (et même le cas échéant un gain de biodiversité totale par rapport au même type de tronçon sans obstacle). En effet, les espèces rhéophiles se répartiront dans les espaces de mobilité, d'autres espèces thermophiles ou limnophiles coloniseront les retenues.

Les espèces ont pour la plupart une certaine plasticité et variabilité comportementales, essentielles à leur survie dans l'évolution : si un tronçon en discontinuité sérielle (fragmenté) n'offre que des zones partielles de mobilité de quelques kilomètres, la population locale s'y adaptera. Concrètement, les individus portés à de longues migrations seront désavantagés par rapport aux sédentaires sachant que pour des individus d'une même espèce et hors "grands migrateurs", le comportement de dispersion va de quelques centaines de mètres à quelques dizaines de kilomètres, donc une variabilité interindividuelle au sein de la même population. Si tel n'était pas le cas, toutes les populations rhéophiles des zones à truite, ombre et barbeau n'existeraient qu'à l'état de reliques aujourd'hui, vu la fragmentation très ancienne des cours d'eau (par les castors d'abord et les hommes ensuite). Il faut y ajouter la dimension des ouvrages : si les obstacles de notre figure ci-dessus sont des barrages de 5 à 40 m ou des seuils de 0,5 à 2 m, on ne s'attend pas à observer les mêmes dynamiques sédimentaires et piscicoles. Le second cas représente évidemment l'essentiel des rivières françaises (par exemple et en ordre de grandeur, il n'y a que 500 barrages de plus de 15 m pour 50.000 obstacles de moins de moins de 1 m, le tout sur 500.000 km de linéaire en France.)

Donc avec un plan large, la modification substantielle observée par le zoom disparaît pour l'essentiel des résultats. Et c'est une des raisons pour lesquelles des analyses quantitatives sur un grand nombre de tronçons ne feront pas apparaître un impact si important des obstacles à l'écoulement. Dans le détail, la population de certaines espèces sera sans doute moins nombreuse, sa structure d'âge différente, sa diversité génétique locale moindre... sans que cela implique nécessairement une situation alarmante (c'est un examen bien plus détaillé des dynamiques locales de chaque hydrosystème qui pourrait le dire, mais ces examens ne sont généralement pas faits faute de moyens, ce que nous qualifions de sous-information structurelle et pénalisante de nos choix sur les rivières).

Un exemple en image, morphodiversité d'un système bief-rivière
Pour donner une image concrète et réelle, les photos ci-dessous montre l'hydrosystème formée par une rivière (l'Ource) et différents biefs autour d'un village (où il y a au demeurant un projet d'effacement au nom de la continuité écologique). Sur 2 km de linéaire rivière et bief, on observe une bonne diversité d'écoulements en largeur, profondeur, vitesse, substrat, berge. Il y a des plats et des radiers (certains du lit mineur de la rivière ont été augmentés par pose de blocs) hors des remous d'ouvrage, il y aussi des retenues, des bras morts et annexes à marnage, des petites chutes, des écoulements vifs... il est difficile d'y voir des habitats homogénéisés et banalisés. La zone de retenue existe sur l'ouvrage qui a conservé ses pelles, mais aussi bien la rivière à l'amont et à l'aval que les biefs ont d'autres faciès.


Donc si l'on zoome sur la seule retenue du moulin, on pourra faire des mesures et des observations; mais si l'on élargit le plan pour voir ce qui se passe autour et dans les annexes artificielles, on fera d'autres mesures et observations. Encore faudrait-il faire l'effort de tout cet inventaire... ce qui n'est généralement pas fait quand on a reçu l'ordre d'effacer à la chaîne des dizaines d'ouvrages.

Cet exemple rappelle aussi la différence d'impact entre un ouvrage de petite hydraulique type moulin et les grands barrages ayant attiré l'attention de la littérature écologique. 

De l'origine de certains dialogues de sourds 
Ces points ont des conséquences sur nos choix de politique publique et sur leur acceptabilité par les populations. Si l'on commence à être un peu plus précis que les généralités d'usage, il faut en venir à ce que peut réellement apporter un choix local de continuité, et voir si l'on accepte d'en payer le prix. Il ne s'agit pas de réciter des éléments de communication sur les vertus abstraites de la continuité écologique ou de la restauration morphologique, mais de définir ce qu'apportent concrètement et localement les actions envisagées.

Posons les faits suivants (imaginaires mais réalistes) : en adoptant la politique X sur un tronçon, l'hypothèse la plus probable est que nous passerons de 3 à 8 nids par kilomètre, nous augmenterons entre 5 et 30% la population locale de 6 espèces piscicoles (en en pénalisant 2 autres présentes aussi), nous défragmenterons 25 km de linéaire, nous transformerons 7000 m de retenues en habitats lotiques plus diversifiés.

Ce sont des faits, du moins des projections réalistes admises par tout le monde ou devant l'être (à supposer que l'on fasse l'effort d'exposer aux citoyens les enjeux concrets). Mais les humains décident par jugements de valeur à partir des faits: ce résultat est-il désirable et qu'est-on prêt à sacrifier pour l'obtenir?

Posons en face le contenu (lui aussi imaginaire mais réaliste) de la politique X : il faut dépenser 700 k€ d'argent public et privé, détruire 5 ouvrages sur des propriétés, modifier des pompes pour continuer l'abreuvement sur certaines parcelles, reméandrer 1500 m de cours chenalisé, revégétaliser des berges, protéger un ouvrage de génie civil de l'érosion régressive, faire disparaître le paysage actuel de plans d'eau (les retenues), le patrimoine historique des moulins concernés et leur potentiel hydro-électrique, suivre l'aménagement sur plusieurs années pour vérifier que les écoulements modifiés ne pénalisent pas les parcelles riveraines.

On est ici au coeur des positions antagonistes sur la continuité écologique : certains diront que le jeu en vaut la chandelle, que les gains de biodiversité justifient largement les coûts directes et indirects, que le patrimoine est de moindre intérêt que la nature, que la rivière doit être la plus libre possible, etc ; d'autres diront que c'est tout à fait excessif sinon extrémiste, que les populations piscicoles locales se portent correctement malgré les obstacles, que l'on doit respecter la propriété des gens, qu'il y a des dépenses plus utiles qu'augmenter à la marge le bien-être des poissons ou la quantité de gravier au fond de la rivière, etc.

Expertocraties lointaines, déficit démocratique
Du point de vue cognitif, ces deux positions ne s'opposent pas principalement sur les faits, mais sur l'interprétation et la valorisation des faits. Du point de vue démocratique, ces deux positions sont légitimes; mais la démocratie consiste à poser de manière objective les options et à organiser de manière pacifique la confrontation des points de vue. C'est tout cela qui est trop souvent absent dans la réforme de continuité écologique:
  • les décisions essentielles sont produites de manière centralisée, autoritaire et hiérarchique par le Ministère de l'Ecologie (ou par des expertocraties des Agences de l'eau sur chaque grand bassin), sans avoir au préalable laisser parler les principaux concernés (élus locaux, riverains, associations – toutes, et non pas une sélection biaisée –, usagers, etc.),
  • l'objectif est présenté comme des généralités ("sauver la rivière", "améliorer les milieux", etc.) qui anesthésient l'intelligence et l'esprit critique (tout le monde est favorable à l'environnement, personne n'est favorable à signer un blanc-seing de dépense pour n'importe quelle mesure en faveur de l'environnement),
  • les faits sont rarement posés de manière claire et accessible pour le public, il n'y a pas d'analyse coût-bénéfice avec des progrès anticipés en face de dépenses consenties (ni de comparatifs avec d'autres dépenses également favorables aux milieux),
  • une fois l'orientation politique décidée au sommet, les contreparties négatives des aménagements (y compris parfois pour les milieux) sont systématiquement gommées ou minimisées afin de ne pas entraver l'efficacité de l'action ni nourrir le scepticisme des élus et des populations,
  • le public n'est pas réellement consulté (la technostructure de l'eau est fermée, les comités de pilotage sont restreints, au mieux une réunion publique d'information assomme les rares citoyens présents par les conclusions savantes et incompréhensibles d'un bureau d'études, il n'y a pas de consultation directe des populations, etc.).
Conclusion
Il est possible d'observer simultanément un effet significatif des obstacles à l'écoulement sur des micro-habitats locaux en même temps qu'un effet modéré à faible sur des rivières et des bassins versants. Ce n'est pas un paradoxe, mais un effet d'échelle et d'échantillonnage propre à ce que l'on mesure et observe. Tant qu'une rivière offre entre ses ouvrages hydrauliques des écoulements peu ou pas anthropisés ni fragmentés, et qu'il n'y a pas d'autres pressions limitantes sur le bassin, elle accueillera dans ses espaces de mobilité fonctionnelle des espèces endémiques. Donc la biodiversité totale de la rivière sera préservée.

La continuité écologique vante les vertus de la "naturalité" retrouvée des écoulements au nom de certaines expertises. Mais elle ne s'assume pas comme politique de l'environnement, ce qui signifierait que l'environnement est non pas une question savante confisquée par l'expert (encore moins un totem ontologique hors de toute critique), mais une question politique ouverte à des choix démocratiques (certes éclairée par l'expertise, mais non réduite à elle). Notre expérience associative, qui a toujours visé la pédagogie des situations, nous indique qu'une fois exposés les tenants et aboutissants des choix de continuité, il est rare de trouver des soutiens enthousiastes à l'idée d'une dépense publique conséquente et, surtout, d'une remise en cause massive des profils actuels d'écoulement. La posture la moins admise est généralement celle de la renaturation systématique d'habitats par effacement d'obstacles (alors qu'une fonctionnalité de franchissement pour une espèce précise peut être mieux acceptée).

Cela ne signifie pas que toutes les objections à la continuité sont fondées ni que tous les objectifs de la continuité sont irrecevables. Mais cela signifie qu'il ne faut pas tromper les gens: sur chaque projet, propriétaires et riverains doivent avoir une vue claire de la rivière, de sa biodiversité et de sa morphodiversité actuelles, de l'ensemble des impacts, des apports spécifiques de la restauration morphologique, des résultats concrètement attendus et des coûts de ces résultats, des mesures réalisées avant / après pour garantir l'efficacité de l'action. Ces conditions sont très rarement remplies à ce jour, et elles ne sont notamment pas remplies quand on se focalise sur l'abord immédiat d'un site au lieu de donner la vision plus large des enjeux.

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Du continuum fluvial à la continuité écologique: réflexions sur un concept et son interprétation française

10 commentaires:

  1. Cénacles conservationnistes, approche fixiste de la biodiversité idéale et "muséale", discontinuité sérielle, expertocraties lointaines, totem ontologique...Nietzsche, sort de ce corps. Dans votre article vous avez le culot d'écrire"Il ne devrait échapper à personne que ce résultat, quoiqu'entouré de termes fort savants, n'a rien de vraiment exceptionnel" Une allusion à votre article?

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    1. Pas bien compris, vous trouvez la rédaction un peu complexe? Les mots que vous avez isolés trouvent à peu près leur sens dans le contexte. Les termes "fort savants", ce sont ceux qu'on trouve (logiquement) dans une littérature plus technique et plus scientifique, beaucoup moins abordable que cet article. Ce n'est pas tellement "culotté" de dire qu'une fois achevé la lecture de ce genre de papiers (techniques ou scientifiques donc), on a assez souvent des conclusions attendues dans leurs grandes lignes, passionnant des spécialistes pour leurs détails, mais ne formant pas pour autant des enjeux socio-environnementaux évidents. Sauf à considérer que le moindre gain pour le moindre poisson ou insecte justifie absolument tout, mais cette position paraît extrême. (Encore faut-il objectiver son caractère extrême dans un débat public, ce qui n'est précisément pas évident car tout cela procède de manière acritique).

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  2. Le moindre gain ne justifie certes pas tout. C'est quoi le tout? L'arasement de quelques ouvrages sans usage, au caractère patrimonial discutable, à la puissance brute ridicule et devant lesquels s'extasient des passionnés d’hydroélectricité?

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    1. En 18 mois nous avons publié 3600 tweets dans notre veille, et chacun peut observer qu'il n'y a pas une semaine sans des échos patrimoine ou énergie en petite hydraulique. C'est donc une réalité sociale : que vous n'aimiez pas, libre à vous, cela ne fait pas disparaître la réalité que vous n'aimez pas. (Idem pour les gens qui n'aiment pas les écolos, les pêcheurs etc.) En tout état de cause, la loi existe, elle reconnaît les ouvrages autorisés à un titre à un autre, elle demande seulement des mesures de gestion ou des équipements là où il est estimé que c'est nécessaire pour les milieux au titre de la continuité. Le mot "arasement" dans une circulaire de continuité écologique, cela engage le fonctionnaire (bien connu) qui l'a rédigée, mais cette circulaire n'est pas la loi. Au demeurant, pas un agent instructeur n'affirmera qu'on est obligé d'araser, sauf cas particuliers de mise en danger des tiers ou de menace grave aux milieux. La lettre de Ségolène Royal et le rappel du CGEDD indiquent là où l'on se dirige, un coup d'arrêt aux méthodes délétères depuis le Parce 2009 et le classement 2012-2013. Après, araser des ouvrages dont personne ne veut ou qui sont à moitié éventrés sans usage possible, pourquoi pas? Faut juste le faire proprement et appliquer à ces chantiers la même rigueur qu'aux autres (étude d'impact, enquête publique, etc.)

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  3. @anonyme : vous avez compris, bienvenue dans la démocratie de l'eau. A moins d'être complètement centré sur son nombril et d'imaginer qu'on est le seul détenteur du vrai, du juste et du bon, il est aisé de comprendre qu'en face on vous rétorque : trois frayères à truites d'élevage pour faire plaisir à une partie l'électorat pêcheur, deux douzaines de vandoises dont 99,8% des gens ne savent même pas ce que sait et qu'aucun naturaliste ne viendra jamais examiner, c'est au nom de ces gains ridicules qu'il faudrait remettre en question la propriété des cours d'eau non domaniaux et de leurs ouvrages, casser du barrage à gogo et dépenser de l'argent public à l'heure o tout le monde se serre la ceinture? Il faut donc admettre que les gens n'ont pas la même vision de la rivière, ni de la dépense publique pour l'eau. Ceux qui n'ont pas voulu l'admettre n'ont pas à s'étonner de la situation actuelle.

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  4. Casser du barrage à gogo? Mais où en France casse t on du barrage à gogo? Quand à la situation actuelle, rien de plus normal sur un tel sujet qui exacerbe les sensibilités. Votre moratoire circule et chacun peut le signer...même plusieurs fois, ça soigne les statistiques. Au final, les ouvrages seront aménagés, sans doute mieux gérés et les plus vétustes démontés. Les poissons s'en porteront mieux et moi je retournerais voir des frayères à truites d'élevage, si rare au demeurant....

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    1. En Seine-Normandie et Loire-Bretagne, les arasements et dérasements sont presque toujours la proposition de première intention. Avez-vous une statistique du Ministère de l'Ecologie sur les chantiers effectivement réalisés depuis 2009? Pourquoi les retours d'expérience de l'Onema ne montrent quasiment que des effacements? Quant à l'aménagement, on verra. Certainement pas à l'horizon réglementaire de 2017-2018. Si l'on se laisse 10 ans, que les régimes de subvention changent et qu'on arrête la connerie administrative d'aménager par principe parce qu'un bureucrate a classé une rivière entière de manière pifométrique, alors peut-être qu'il y aura des gains pour l'écologie, après de vraies études écologiques des bassins.

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  5. @ anonyme : si vous voulez, on se promènera au bord des rivières aménagées du Châtillonais, de l'Auxois, de l'Avallonais, du Morvan… et je vous montrerai des frayères à truite. Affirmer qu'elles sont "rares", ce n'est quand même pas très correct. Et puis il faut en profiter pour nos générations : d'après certains travaux, en 2080, le changement climatique aura rendu la plupart des sites actuels impropres à la truite et aux autres espèces d'eau froide. L'énergie fossile aura réussi en deux siècles ce que l'énergie hydraulique n'aura jamais accompli en vingt siècles.

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  6. CFC, mon allusion parlait de frayères à truite d'élevage. Pas sûr qu'il y en ait beaucoup le long des cours d'eau où vous voulez me promener.

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    1. Je ne parviens pas à trouver de chiffres synthétiques à échelle de la Fédé départementale sur les empoissonnements lacs, étangs et rivières, mais régulièrement à l'ouverture de la truite, je lis dans le journal ou sur le net que des déversements sont effectués. (Les arc-en-ciel ne vont généralement pas se reproduire, mais sont quand même concurrentes des fario dans leur phase en eau avant capture; quant aux farios, il faudrait voir en détail les souches que l'on met sur les bassins; et pour les deux les pathogènes). Mon point était: il y a env. 800 seuils et barrages en Côte d'Or, et env. 25.000 pêcheurs encartés sur le département, il serait utile de s'interroger sans a priori sur l'ensemble des facteurs (historiques, actuels) qui impactent un recrutement piscicole et sur les finalités des aménagements d'ouvrages. Comme je n'ai pas le plaisir (ni aucun représentant FFAM ou FDMF à ma connaissance) d'être invité par les fédés de pêche à échanger à ce sujet dans les divers comités de pilotage concernant des ouvrages hydrauliques, je manque d'information.

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