jeudi 27 septembre 2012

Le Bien Public évoque les moulins (et M. Stutz la beauté de la nature...)

Le Bien Public s'est fait hier longuement écho de l'action menée par l'Arpohc en Haute Côte d'Or et Châtillonnais. Le journal a notamment rappelé que la mise en place de la politique de continuité écologique se traduira par une forte pression sur les propriétaires d'ouvrages hydrauliques. Dans cet article, le président du Syndicat intercommunal des cours d'eau du Châtillonnais (Sicec), Jean-Claude Stutz, affirme pour sa part à propos de la continuité écologique : «Il s'agit bien de favoriser un écoulement et un régime hydrologique naturel. Il n'y a rien de plus beau qu'une rivière mais rien de plus laid qu'un cours d'eau où les éléments ne sont pas charriés normalement».

Ce point de vue sur la «beauté» et la «laideur» est évidemment, et par définition, subjectif. Cela fait plusieurs siècles qu'aucun cours d'eau de Côte d'Or n'a d'écoulement parfaitement naturel, puisque la présence anthropique sur les rivières est ancienne. Et cette présence anthropique persistera. Suggérer qu'elle est forcément «laide» est un argument assez étrange quand on connaît le magnifique patrimoine hydraulique de la région. On peut également rappeler que le régime « plus naturel » d'écoulement valait jadis des crues meurtrières et catastrophiques à la Seine : heureusement que des barrages et systèmes de régulation ont été conçus dans l'ensemble du bassin hydrographique, afin protéger biens et personnes en laminant ces crues... Il en va de même sur l'Armançon, qui connaissait dans les siècles passés des crues redoutables et des étiages sévères.

On peut enfin observer dans l'image ci-dessus une réalisation de continuité écologique dans le Châtillonnais (ruisseau des Goulottes, Nod-sur-Seine ; citation extraite du rapport d'activité Sequana 2010). Considérer que la destruction du petit ouvrage de franchissement a renforcé la beauté du site est, décidément, une affaire très subjective... 

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