dimanche 17 décembre 2017

Premières mobilisations sur la Sélune contre le choix scandaleux de détruire les barrages de la vallée

Riverains et élus locaux de la Sélune ont organisé une première manifestation, pour exprimer leur opposition à la destruction des barrages annoncée de manière brutale et précipitée par Nicolas Hulot. La résistance à la défiguration de la vallée et à la casse des outils de production hydro-électrique s'organise. Elle va monter en puissance ces prochains mois. Hydrauxois y participe et appelle toutes ses associations partenaires à faire de la Sélune le symbole de la résistance populaire aux dérives dogmatiques et dépassées de la politique française des rivières. 

Ils étaient 400 selon la police, 1200 selon les organisateurs pour une première manifestation des riverains s'opposant à la destruction des barrages de la Sélune.

"Nous manifestons pour que l'arrêté préfectoral du 3 mars 2016 soit respecté et contre la décision arbitraire, précipitée du nouveau ministre de l'environnement", a expliqué John Kaniowsky, président de l'association des Amis des barrages (en photo, © Ouest-France). Les élus locaux ont rappelé que cette décision de Nicolas Hulot avait été prise sans aucune consultation des collectivités. Il faut y ajouter que le projet industriel du repreneur potentiel (Valorem) n'a pas été étudié sérieusement par la nouvelle équipe entourant N. Hulot au ministère de la Transition écologique et solidaire.

L'association les Amis du barrage prépare une grande fête de printemps, qui exprimera la mobilisation populaire, locale et nationale pour défendre une vallée menacée par des choix parisiens et opaques, où l'écologie est manifestement un prétexte. Hydrauxois s'y associera. Les associations travaillent également sur le volet juridique, visant d'abord à faire respecter l'arrêté en vigueur de vidange et inspection du site, ensuite et si besoin à requérir l'annulation d'un arrêté de destruction.

Le choix de Chantal Jouanno de détruire les ouvrages de la Sélune en 2009 avait déjà été arbitraire et brutal. La décision de Nicolas Hulot de reprendre ce chantier, annoncée par simple communiqué en pleine COP 23, le fut tout autant.

Rappelons que le projet de Nicolas Hulot sur la Sélune
  • détruit en pleine transition des barrages hydro-électriques capables de produire une énergie bas carbone et locale,
  • anéantit le cadre de vie et d'activités de 30 000 riverains,
  • aggrave le risque de pollution de la baie du Mont-Michel,
  • fait disparaître deux lacs, leurs annexes,leur biodiversité,
  • apporte un gain dérisoire de saumons adultes remontants (1300), gain qui pourrait être obtenu autrement,
  • représente une gabegie d'argent public (minimum 50 millions €) quand le gouvernement exige la rigueur partout et que la transition écologique manque de moyens,
  • a été essentiellement défendu par le lobby de la pêche de loisir du saumon, dont on peut douter qu'il représente l'intérêt général de la vallée comme du pays,
  • a été mené avec un mépris constant de la concertation et de la participation des citoyens, ce qu'ont souligné des travaux de sciences humaines et sociales y voyant un contre-modèle de démocratie environnementale. 

Cette décision de détruire les barrages de la Sélune est une erreur, comme le sont les centaines d'effacements d'ouvrages hydrauliques en France au nom d'une vision dogmatique et dépassée de la continuité écologique. Nous appelons à la mobilisation de tous pour faire cesser cette folie dans les meilleurs délais.

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12 commentaires:

  1. Défenseurs des barrages, il nous faudrait un signe distinctif : les bonnets ont du succès auprès des médias. Je viens de vérifier : le bonnet violet est disponible (toutes les autres couleurs sont prises). Avantage : il en existe une version pour les dames. Bonnets violets et fumigènes violets : ce serait un message. Offrons-nous des bonnets violets pour les fêtes.

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    1. Un bonnet de castor (enfin... en fausse fourrure) à la Davy Crockett serait aussi une piste à creuser, car nos amis des rivières sont les champions pour faire des barrages partout, protégés par le droit, eux !

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    2. C'est surtout un bonnet d'âne que vous devriez enfiler ... pour ne pas savoir lire le rapport de l'IGF et du CGEEDD .... ses conclusions sont pourtant sans appel ...

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  2. Il semble que le gouvernement veut abandonner le projet Notre-Dame-des-Landes : cela prouve que la résistance des riverains paie !

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    1. Nous n'en sommes pas là à NDDL, et les cas sont un peu différents. Cela dit, nous suivons le dossier de près et si le gouvernement décide d'annuler l'aéroport (malgré les défaites judiciaires des opposants), alors il sera encore plus légitime de développer des zones à défendre sur tous les ouvrages menacés. Nicolas Hulot doit le comprendre, il a toujours soutenu les luttes riveraines contre les "grands projets inutiles" de l'Etat...

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  3. Les représentants de VALOREM étaient présents?

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    1. Où étaient donc passé les "reprenneurs" providentiel de la madone des moulins ?

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  4. AVEC les BARRAGES L’ENERGIE Restera PROPRE
    SANS les BARRAGES L’EAU Restera SALE, car la source des pollutions qu'on leur attribue, est ailleurs.

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  5. Ce que l'on saisi mal dans votre engouement à sauver ces barrages du XXème siècle au béton vieillissant c'est le rapport avec vos moulins du XVII ou du XVIIIème siècle ? Pensez-vous vraiment que le sorts des seconds soit liés au sort des premiers ? Si l'on vous suivait ce serait accepter l'irréversibilité de tout équipement en rivière ...est-ce bien sérieux ?

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    1. L'arrêté de 2016 a demandé une inspection : si les ouvrages sont bons pour le service, à quoi bon les supprimer ? C'est quand même à ceux qui prennent des mesures extraordinaires d'avancer des preuves de leur intérêt extraordinaires, non?

      Il y a des usages locaux des lacs, un attachement unanime de dizaines de milliers de riverains, une biodiversité installée, une production d'énergie bas-carbone, une épuration locale des eaux qui filent vers la baie du Mont Saint-Michel, et vous voulez dépenser 50 millions € d'argent public pour quoi au juste ? Une rivière renaturée ne correspondant pas à la demande sociale locale et 1300 saumons remontants, sans même une garantie qu'il y aura du saumon dans 50 ou 100 ans, du fait du réchauffement climatique? Est-ce bien sérieux d'imposer ces lubies faisant plaisir à quelques lobbies (dont surtout des pêcheurs qui tuent 3000 saumons par ans en France et qui transportent des pathogènes d'un bassin l'autre), alors que l'argent manque pour lutter contre la pollution, et pour la transition en général?

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  6. Une biodiversité installée? Sur une décharge, dans une parcelle agricole bien entretenue, dans un rejet de station d'épuration, il y a aussi une biodiversité installée, pourtant personne ne voit d'inconvénient à limiter l'impact de leur exploitation. Cet argument fourre tout est absurde.

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    1. Sauf qu'il existe une importante littérature scientifique sur la biodiversité des lacs et autres zones humides d'origine anthropique, ainsi, dans le cas de la Sélune, qu'un relevé (très partiel) par Artelia. Mais la bonne foi de votre commentaire, comparant un lac à une décharge, suffit par elle-même à en indiquer la valeur.

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