jeudi 27 octobre 2016

Mobilisation de nervis et destruction sous haute garde: la continuité écologique en son âge post-démocratique

Au petit matin du jeudi 27 octobre 2016, le syndicat de l'Armançon SMBVA a choisi de faire évacuer la chaussée Saint-Nicolas de Tonnerre par une milice essentiellement constituée de pêcheurs. Cela afin de libérer la voie à la pelle mécanique qui a définitivement détruit le site. Deux plaintes judiciaires s'ajoutent désormais aux deux contentieux administratifs. Ces méthodes signent par ailleurs l'entrée de la continuité écologique dans son âge post-démocratique. L'association Hydrauxois appelle donc les défenseurs du patrimoine des rivières à la rejoindre pour un combat plus offensif contre l'arbitraire, ceux qui le propagent et ceux qui l'encouragent.


Le jeudi 27 octobre 2016, à 08:00, une milice privée de pêcheurs emmenée par deux employés du syndicat de l'Armançon SMBVA a détruit les panneaux et la tente des manifestants occupant pacifiquement le site de la chaussée Saint-Nicolas, tout en repoussant violemment deux d'entre eux derrière une grille.

Par la suite, sous les yeux de pas moins de 35 personnes (gendarmes, direction et personnel du SMBVA, pêcheurs et officiels de la pêche de l'Yonne), la pelleteuse est entrée en action pour détruire définitivement la chaussée Saint-Nicolas.

Ce projet et celui de Perrigny-sur-Armançon faisaient déjà l'objet de deux avis défavorables en enquête publique (pas d'intérêt général, pas d'intérêt écologique) et de deux requêtes en annulation des arrêtés préfectoraux les autorisant. S'y ajoutent désormais deux plaintes dans l'ordre judiciaire – l'une pour intrusion et dégradation de propriété, l'autre pour voie de fait. La plainte déposée au procureur visera à  déterminer l'identité des personnes responsables de cette action directe – certaines sont déjà connues, d'autres non. Mais il s'agira également d'interroger les raisons pour lesquelles les forces de l'ordre ont toléré ces pratiques, et d'accéder aux consignes données par la préfecture de l'Yonne si l'instruction le permet.

Plusieurs enseignements doivent être tirés de ce triste épisode.

D'abord, l'équipe dirigeante du SMBVA et ses agents sont manifestement incapables de gérer de manière concertée et apaisée la mise en oeuvre de la continuité écologique. Leurs préjugés en faveur de la destruction des ouvrages anciens et leur mépris pour l'opinion divergente des riverains ne produisent que confusion et conflit. Il paraît inconcevable à l'association Hydrauxois que les mêmes dirigeants et exécutants poursuivent la même politique en 2017. Nous en avertissons d'ores et déjà les élus du bassin : sur les différents projets récemment mis en avant par le SMBVA dans son contrat global et dans ses comités syndicaux, tout chantier d'effacement de moulin mené dans des conditions similaires à ceux de Perrigny-sur-Armançon et de Tonnerre donnera désormais lieu à contentieux. Et cette fois bien avant l'arrêté préfectoral, puisque le temps de la justice n'est pas respecté par les casseurs lorsqu'elle est saisie trop tard.

Ensuite, et plus gravement, nous sommes entrés dans l'ère post-démocratique de la continuité écologique. Il était déjà manifeste que les casseurs d'ouvrages d'hydrauliques n'ont aucune envie d'argumenter sur les enjeux de fond (c'est-à-dire sur l'écologie, le patrimoine, le paysage, l'énergie, le cadre de vie des gens). Il était déjà patent que la "concertation" se limitait à l'exercice organisé d'un chantage par l'administration et le gestionnaire – vous effacez votre ouvrage hydraulique et tout se passera bien, ou vous aurez un dossier très compliqué à fournir pour payer très cher une passe à poissons. Nous montons maintenant d'un cran, avec des milices privées délogeant des manifestants et des pelleteuses faisant leur sale travail sous la surveillance de gendarmes.

Poussée au bout de sa logique dès qu'elle rencontre une résistance citoyenne, la réforme administrative de continuité écologique montre là son vrai visage: celui de la violence institutionnelle. Cela n'en rend que plus urgente l'intervention résolue du législateur pour mettre fin à ces dérives et refonder la politique des rivières.

Hydrauxois a toujours accordé la plus grande importance au débat, à l'information et à l'argumentation – en témoignent les plus de 400 articles et dossiers publiés sur le site de l'association. Nous continuerons de le faire, car nous n'allons pas sacrifier les plaisirs et les vertus démocratiques de l'échange d'idées sous prétexte que des sots, des satrapes et des sectaires les salissent. Mais il est manifeste que cela ne suffit plus.

Le tournant post-démocratique de la continuité écologique indique que les droits des riverains ne sont plus garantis aujourd'hui dans des conditions correctes. Au-delà des arguments, nous devons mener une politique beaucoup plus offensive à l'encontre de ceux qui propagent l'arbitraire et l'injustice, qu'il s'agisse d'administrations, de gestionnaires ou de lobbies. Les excès de pouvoir, les informations biaisées, les doubles standards, les combines opaques de l'oligarchie des casseurs ne peuvent plus être tolérés dans un dossier qui les accumule depuis trop longtemps. Une stratégie sera déployée en ce sens dans les mois à venir. Nous appelons d'ores et déjà tous les citoyens attachés au patrimoine des rivières à nous rejoindre et à nous soutenir dans ce combat.

30 commentaires:

  1. Un de plus à ajouter sur la grosse carte

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    1. Exact, c'est mis à jour. Cette destruction a cependant été acquise si "salement" que son bilan n'est pas bon. Un d'effacé par le syndicat de l'Armanon, c'est dix de conservés dans des communes n'ayant aucune envie de voir chez elles ces méthodes de voyous au service de dossiers sans consistance.

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    2. En quoi la destruction a été acquise salement du moment où le propriétaire est ok, la mairie aussi et ou les travaux sont autorisés?

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  2. Bonjour,
    Où avez vous vu une milice privé? De combien de personnes était elle constitué? Sur vos photos et vidéo on ne voit qu'un petit groupe de personne qui paraissent seulement en train de regarder la pelleteuse faire son travail, ils ont l'air aussi pacifiste que vous voir plus car sur l'une de vos vidéo on peut entendre des commentaires moins pacifiste...

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  3. Méthode de voyous, c'est vous qui le dites. Quand aux communes n'ayant aucune envie de voir ces méthodes, à savoir vous n'êtes ni maire, ni élu de quoi que ce soit. Laisser donc les élus décider avec leurs conseils municipaux et après vous gesticulerez.

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  4. Aux anonymes : économisons notre temps. Le dossier judiciaire sera instruit par le procureur, les faits seront examinés, vos avocats auront accès aux pièces, etc. (Lisez l'article 434-13 Code pénal avant de témoigner.) Le contentieux administratif permettra quant à lui de clarifier la manière dont les élus ont pu se prononcer.

    Vous pouvez tout à fait qualifier de "gesticulations" les démarches associatives, mais il va falloir vous habituer à "gesticuler" avec nous, parce que le droit donne aux citoyens des capacités élargies à interpeller les autorités et gestionnaires publics en matière d'environnement. Préparez donc les documents déjà demandés que vous avez obligation de nous transmettre sous 30 jours au lieu de bêler ici.

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  5. Merci de ne pas confondre mes commentaires (11h35) avec ceux de personnes impliquer dans votre affaire. je vais d'ailleurs nommer mes commentaires désormais. Je ne suis qu'une observatrice extérieur qui m’étonne de tout ce tapage pour la destruction d'un ouvrage ni beau ni utile.
    Et je m’étonne d'ailleurs que l'un de mes commentaires ne soit pas publié... feriez vous de la rétention d'information???

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    1. Non, nous publions les commentaires sauf ceux qui comportent des insultes et diffamations, attaques ad hominem, appels à la haine ou à la violence, etc. Notez bien qu'un éditeur de presse (à quoi est assimilé un blog) n'a aucune obligation de publier ainsi les commentaires. Les établissements publics financés par l'impôt ont en revanche des contraintes de transparence vis-à-vis des citoyens.

      En matière de communication, vous devriez suggérer au SMBVA d'utiliser des outils interactifs d'échange avec le public, à condition que ce ne soit pas une parole ex cathedra sans aucune possibilité de faire des commentaires libres et publics (comme aujourd'hui). Ce n'est pas très cher à mettre en place par rapport au budget animation du contrat global. Et c'est complémentaire de réunions publiques classiques qui attirent hélas fort peu de monde, comme en conviennent d'ailleurs les animateurs du syndicat. (Nous l'avons dit aux animateurs du syndicat, prévenez-nous assez tôt de vos réunions sur les ouvrages et nous aiderons à mobiliser les citoyens pour débattre).

      Sur l'ouvrage "ni beau ni utile", chacun ses goûts. Si la destruction de ce qu'une partie de la population juge "laid et inutile" devenait une politique publique, vous comprenez sans doute que cela mènerait à certains désordres. Il y a un travail important à faire pour objectiver ces aménités des ouvrages (le paysage, la culture, etc.). Le CGEDD avait déjà demandé en 2012 à l'administration d'y procéder, dans le cadre de "grilles multicritères" d'évaluation – grilles devant être conçues avec rigueur et concertation si l'on veut qu'elles soient crédibles pour le public (et non pas un travail bâclé où une seule vision de l'ouvrage et e la rivière s'impose). Comme tant d'autres, ces recommandations n'ont pas été suivies d'effet. Sauf chez certains EPTB gérés avec intelligence et équilibre, voir par exemple ce qui a été fait du côté de la Sèvre nantaise.

      Enfin, chère observatrice, puisque vous voulez débattre, débattons. Nos questions : avez-vous une compétence particulière (y compris une passion personnelle et une étude de la question) pour juger de l'intérêt patrimonial des ouvrages hydrauliques ? Concevez-vous qu'il existe sur le bassin de l'Armançon des citoyens qui apprécient ce patrimoine et souhaitent le conserver? Une politique publique concernant la rivière doit-elle intégrer cette dimension patrimoniale (historique et culturelle) dans sa programmation et son évaluation? Dans l'affirmative, comment faire pour que ce soit le cas?

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  6. Mon commentaire non publié ne comportait aucune violence ou diffamation... Je ne prétends pas avoir de compétence particulière mais je suis moi-même propriétaire d'un moulin donc concernée par ce sujet. Et je m’étonne que l'effacement de ce barrage provoque autant de remous. Les personnes de syndicat de rivière auxquels j'ai eu affaire ont toujours agit professionnellement et je leur renouvelle toute ma confiance, comme d'autres propriétaires. Vous montrez par ce blog une fausse image d'eux alors que beaucoup de gens et de communes n'ont rien à redire de leur travail. Mais malheureusement c'est toujours les mécontents que l'on entend et pas assez ceux qui leurs disent merci. C'est leur métier, ils savent ce qu'ils font et moi même je n'aimerai pas que l'on remette en cause mon travail, tout comme vous qui apparemment avez toujours un truc à dire quand cela n'abonde pas dans votre sens. Après je conçois tout à fait que certains citoyens apprécient ce type d'ouvrage mais dans la vie tout le monde ne peut pas être contenté, il y aura toujours des gens mécontents de décision prises. Tout comme si vous aviez gagné ce combat, la partie adverse l'aurait été, mais dans le cas présent c'est l'inverse et mort d'homme il n'y a pas.
    Pour le reste effectivement la justice tranchera mais alors en attendant ne parlez pas de violences ou de méthodes de voyous avant d'avoir pu le prouver et que la justice ai pu vous donner raison car cela c'est de la diffamation.

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    1. A nouveau, les commentaires sont publiés, y compris ceux qui nous critiquent comme chacun peut le lire. Donc il faut supposer une erreur de manipulation de votre part ou de la nôtre. En tout état de cause vos commentaires sont présentement lisibles.

      Pour le reste : pour votre moulin, pouvez-vous nous apporter des précisions? Disposez-vous de vos ouvrages hydrauliques en bon état de fonctionnement? Votre rivière est-elle classée en liste 2? Qu'a fait le syndicat pour vous aider?

      Vous comprenez que cela intéresse nos lecteurs, dont beaucoup ont des moulins dans le périmètre d'action du SMBVA et dont bien peu ont une expérience agréable. Nous ne connaissons aucun propriétaire de moulin considérant que Saint-Nicolas était "laid et inutile" comme vous, au contraire il y avait un très beau système de vannage / radier de roue et un seuil bien conservé. Cela rend votre témoignage très intriguant et atypique. D'autant que vous ne tarissez pas d'éloge sur ce syndicat.

      Si "diffamation" il y a, nous en répondrons devant les tribunaux. Sinon, c'est de la libre critique et de la libre expression – nous pensons que le SMBVA a employé des méthodes de voyous.

      Enfin, vous n'avez répondu à aucune de nos questions. Ce n'est pas vraiment un débat, dommage. En tant que propriétaire de moulin, vous avez sûrement à coeur le patrimoine hydraulique.

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  7. Je n'ai qu'une seule questions le propriétaire de l'ouvrage a t'il donné son accord pour l'effacement. Si oui pourquoi remettre en cause sa décision sur un bien lui appartenant?

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    1. Vous allez comprendre : imaginez qu'un propriétaire rehausse son barrage et noie 800 m de berge. Vous trouverez normal qu'il y ait enquête publique, que des gens ne soient pas d'accord et qu'ils aient le droit d'être entendus, cela même si "le propriétaire donne son accord pour le rehaussement d'un bien lui appartenant" (pour vous paraphraser).

      Que soit pour effacer, pour rehausser ou pour toute opération qui change le profil de la rivière, l'avis du propriétaire (ici présumé) de l'ouvrage n'est qu'un paramètre, il faut une déclaration ou une autorisation. Dans ce dernier cas, chacun est libre de s'opposer à un acte administratif s'il estime qu'il produit des nuisances.

      Par ailleurs, vous oubliez un peu vite un paramètre : le propriétaire n'a pas agi sur fonds privés, mais sur fonds publics. Pour cela, il faut un intérêt général justifiant que la collectivité dépense pour un privé. L'enquête publique a conclu que cet intérêt général faisait défaut. Tirez-en les conclusions. Si vous n'êtes pas d'accord, il fallait participer à l'enquête publique et montrer par vos arguments que cela relevait d'un intérêt général.

      Cela dit, comme le syndicat de l'Armançon et la Préfecture de l'Yonne ont montré qu'ils méprisent les enquêtes publiques, nous défendrons désormais le patrimoine sans attendre cette procédure qui n'a aucun effet sur les casseurs.

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  8. observatrice : intéressant, nous sommes aussi propriétaires d'un moulin. Qu'avez vous obtenu du Sirtava? Nous, une visite en 2010 ou 2011, pour une histoire de Grenelle pas très claire. L'effacement était déjà sur le tapis, nous n'avons donc pas donné suite car nous avons beaucoup investi dans la réfection du moulin et voulons conserver notre bief. Mais rien depuis. Si le syndicat réalise des aménagements, c'est peut-être intéressant mais aucun propriétaire de notre connaissance n'en a eu vent. Merci d'avance de vos précisions.

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  9. Il paraît qu'on va devoir payer une "taxe Gemapi" pour financer les stupidités de ces malfaisants, vous confirmez? Cela me ferait mal au c*l de filer un seul centime à ces incompétents. Pourquoi nos communes ne reprennent-elles pas la gestion de la rivière, comme certaines le font avec l'assainissement?

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    1. Il y a en effet une nouvelle taxe GEMAPI créé sur le principe, de 40 € max par habitant, qui est cependant facultative. Sauf erreur, ce n'est pas directement l'EPTB qui la lève, mais les collectivités adhérentes à fiscalité propre. Une commune ou une intercommunalité pourrait en soi gérer la compétence GEMAPI. Une chose à faire: adresser aux élus de votre commune (parmi eux le représentant au comité syndical du bassin) un courrier sur les problèmes observés en rivière, en précisant que vous n'avez aucune envie de payer une taxe future (ni les taxes actuelles sur l'eau) pour des projets ne relevant pas d'un intérêt général démontré, avec souhait d'une délibération du conseil municipal spécifique s'il y a des enjeux ouvrages sur le territoire communal (= voter le principe d'un maintien des moulins et plans d'eau de la commune). Mais bon, les élus sont aussi responsables de la situation et il faut les sensibiliser. Par exemple, au printemps 2016 et sur l'Armançon, le principe de financement à 95% du restant à charge des effacements (contre 0% si ouvrage intact malgré restauration de continuité écologique) a été présenté au comité syndical du SMBVA et voté par une minorité de communes présentes. Ce n'est pas normal car cette disposition est discriminatoire et vise uniquement, en complément des choix déjà inégaux de l'Agence de l'eau, à faire pression pour casser. Si les communes sont mieux informées, elles peuvent demander la révision de ce genre de choses. Et si votre majorité municipale est favorable à la casse, eh bien informez la population (qui n'a généralement pas envie que l'argent public, dont les futures charges GEMAPI, servent à cela.

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    2. vous devriez aussi ajouter: ne payez plus vos impôts, une partie part pour l'armée, la recherche... alors que des gens dorment dans la rue ! envoyez une petite lettre au ministère pour expliquez pourquoi vous ne payerez plus vos impôts, et que vous allez plutôt prendre une adhésion chez hydrauxois, ou monsieur Champetier, le président, le secrétaire, le membre, l'éditeur, !!!
      Adressez aussi un courrier à EDF pour leur dire que vous ne payer plus votre facture, pas assez de micro centrales hydroélectriques à votre gout...
      Merci tout de même pour vos conseils

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    3. Vous pourriez s'il vous plait publier une photo de la chaussée des services techniques, avant et aujourd'hui.
      Pourriez vous aussi expliquer à vos lecteurs comme fonctionne les complexes hydrauliques de Tonnerre et que sur un bras il y a déjà production d'hydroélectricité.

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    4. Ne payez plus vos impôts locaux, ils vont refaire de chemins pour les agriculteurs...

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    5. Au lieu de prôner je ne sais quelle jacquerie au sujet de la GEMAPI vous ferriez beaucoup mieux de sensibiliser les populations riveraines aux risques inondations dont la maitrise suppose des contraintes sur la vocation du foncier et (évidement) sur la présence d'obstacles en rivières...

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    6. Puisque les agriculteurs sont à l'honneur, pourquoi on ne vous voit pas avec votre tente dans un champ sur lequel l'agriculteur souhaite faire un traitement. Effectivement vous soulignez souvent dans vos articles que l'agriculture est la cause de la principale pollution des cours d'eau et eau potable. on attend la photo, avec votre pancarte notre dame des plateaux cultivés.

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    7. "Hydrauxois a toujours accordé la plus grande importance au débat, à l'information et à l'argumentation – en témoignent les plus de 400 articles et dossiers publiés sur le site de l'association."
      Merci de nous préciser les auteurs des articles, peut être que votre secrétariat en écrit une partie, comme les mails que vous envoyez qui sont signés "le secrétariat...

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  10. Aux anonymes bavards : un grand merci de diversifier les mots-clés et de faire monter par votre logorrhée notre page rank, ce qui ne manquera pas de donner à l'avenir de bonnes informations aux citoyens. Vous avez eu votre petit moment de jouissance en voyant disparaître un moulin plusieurs fois centenaire sous les coups d'une pelleteuse (chacun ses fantasmes, nous ne jugeons pas), on comprend une certaine tristesse maintenant qu'il faut se coltiner les conséquences plus durables. On se retrouvera à Perrigny, et ailleurs. Il y a plus de 300 ouvrages classés L2 continuité écologique dans l'Yonne, seuls 17 ont été traités selon la Préfecture... espérons qu'il reste un minimum de lucidité dans certains esprits pour comprendre la nécessité d'une révision substantielle de cette politique brutale, impopulaire et inefficace.

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  11. Ah deux détails sur le peu de fond des propos ci-dessus :

    - le fonctionnement hydraulique de l'Armançon à Tonnerre (à savoir l'existence d'un premier ouvrage répartiteur à la Cascade) est justement l'un des points qui a conduit le commissaire enquêteur à douter que le projet du SMBVA-Sirtava présentait le moindre intérêt écologique. Ce qui est d'ailleurs confié en off par les officiels du syndicat ("il y a des barrages intouchables alors on met le paquet sur les autres", propos montrant la grande cohérence scientifique de cette restauration discontinue de continuité dictée par des opportunités politiciennes). Donc en effet, le SMBVA fait absolument n'importe quoi en dégommant des ouvrages très modestes et en ne proposant aucune politique cohérente de continuité de la confluence à la source. Ces points ont déjà été expliqués sur cet article datant de 8 mois
    http://www.hydrauxois.org/2016/02/arasement-des-ouvrages-de-tonnerre-un.html

    - l'impact de l'agriculture est réel sur l'Armançon (comme sur la plupart des rivières aux bassins cultivés), encore faut-il le caractériser correctement, proposer des mesures socialement tenables et écologiquement efficaces pour le diminuer. Le SMBVA a dans son contrat global 2015-2019 un budget sur 5 ans de 78 000 euros pour "réduire les apports des activités agricoles" et de 2,659 millions d'euros pour "restaurer la continuité écologique". Ce syndicat programme donc de dépenser 30 fois plus pour casser des moulins que pour diminuer les pollutions pesticides-nutriments. Les riverains apprécient quand ils en sont informés. Quant à nos adhérents, nous les assistons dès qu'ils nous demandent une aide pour les pollutions qu'ils subissent (comment les caractériser, à qui faire un signalement, etc.).

    - à propos de pollution, des pièces ont été demandées sur les conditions écologiques du chantier de Tonnerre. Le SMBVA ne devrait pas rater le délai légal pour les fournir, puisqu'il a sans doute compris que nous étions d'humeur contentieuse.

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  12. Faisons simple, y'en a qui sont bouchés à l'émeri :

    plus un seul moulin détruit
    plus une seule pelleteuse sur un barrage
    plus un seule centime d'argent public dans ces foutaises

    Capice ?

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  13. C'est une sacré affaire dites donc! J'ai été voir le site du syndicat dont vous parler, j'ai lu la rubrique des missions, je recopie ici.

    la restauration de cours d'eau,
    l'aménagement d'ouvrages en vue d'assurer le rétablissement de la continuité écologique,
    l'entretien de la végétation des berges,
    les travaux connexes (pose de clôtures, aménagement d'abreuvoirs,...).

    Je ne connait pas aussi bien que vous ces questions ni votre bassin (je suis en Normandie), mais ils parlent d'aménager les ouvrages. Il n'y a sans doute pas que des destructions, qu'est-ce qui est fait d'autre depuis ces dernières années ? Est ce que vosu avez des passes à poissons, comme chez nous on en a eu parfois? Merci. C'est dommage, le barrage avait l'air en bon état, en tout les cas beaucoup mieux que certains qui ne sont pas démolis par chez nous.

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    1. A notre connaissance, mais on n'a pas suivi depuis 5 ans tous les dossiers du bassin (qui est vaste et qui n'est pas le seul) et on sera peut-être contredit, le Sirtava (nom avant le SMBVA) n'a jamais financé ni organisé comme maître d'ouvrage / maître d'oeuvre un projet de passe ou autre moyen de franchissement. A Brienon-sur-Armançon, où il y a une usine hydro-électrique, c'est l'usinier qui a monté son projet (une PAP à bassin).

      Dans ses premières décisions syndicales de cette année, le SMBVA a décidé de se désengager des projets qui ne comportent pas un arasement au moins partiel (cf plus haut). Quand on discute avec le personnel ou les élus dirigeants, le discours est : mieux vaut détruire qu'aménager, la passe à poisson est mal entretenue, c'est cher, le franchissement est moins important que retrouver une rivière naturelle, ces vestiges du passé ne servent à rien, etc. Donc la répétition (classique) de la version la plus intégriste de la continuité écologique, celle qui ne veut pas aider les propriétaires d'ouvrages à respecter la loi, mais en fait redéfinir complètement la rivière à son goût ("renaturation") et donc casser au maximum les moulins. C'est aussi la reproduction fidèle et sans esprit critique des éléments de langage Agence de l'eau-Ministère.

      D'autres acteurs de la région, comme le PNR du Morvan, ont en revanche proposé des passes à poissons ces dernières années sur des rivières géographiquement proches. Dans ces cas-là, cela s'est bien (en tout cas mieux!) passé et nous avons parfois servi d'intermédiaire entre propriétaires et Parc, dans des conditions correctes. Nous considérons cependant qu'une simple gestion des vannes doit être la solution de première intention pour les seuils et chaussées de dimension modeste, le coût important d'une PAP n'étant pas forcément justifié pour son intérêt écologique sur des rivières ordinaires sans autres grands migrateurs que l'anguille. Car il y a une différence notable entre notre Bourgogne et votre Normandie, cela fait un paquet de temps que nous n'avons pas vu ici de saumons, truites de mer, aloses, lamproies et autres esturgeons!

      Les connaissances sur la dynamique des populations piscicoles paraissent de toute façon trop minces pour circonscrire des enjeux clairs et des résultats garantis. Pas mal d'espèces des rivières de 2e catégorie (comme l'Armançon) sont non-natives et introduites depuis le XIXe siècle, le changement hydroclimatique a de bonnes chances de bouleverser les cartes à échelle du siècle, la variabilité naturelle des poissons (ou autres espèces) à échelle pluridécennale ou pluriséculaire n'est même pas connue, la biodiversité réelle de chaque tronçon est un grand vide de données, le poids relatif des impacts n'est pas modélisés… casser des moulins, c'est surtout une mode pour filer des médailles en chocolat à des politiciens, occuper des bureaucrates, caresser un lobby pêcheur dans le sens du poil et financer des emplois aidés de jeunes "chargés de mission". Tout en évitant d'avoir la Préfecture mise à sac par la FNSEA, ce qui est reposant pour les promoteurs de cette mode.

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    2. "casser des moulins" pour pouvoir laisser libre cours à la rivière et non pour ces arguments qui vous arrangent d'énumérer pour montrer la "bonne cause" que vous défendez!

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  14. Mes copains arrivent Jean Loup, ils vont permettre à Charles de compléter la carte de la honte...

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  15. Je regrette si ce sont des pêcheurs qui ont trempé dans ce coup fourré. Les écluses et déversoirs sont appréciées depuis toujours!!!

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  16. observatrice : vous êtes venue nous dire que vous aviez un moulin, que vous trouviez les moulins de Tonnerre ni beau ni utile, que le syndicat était formidable. On vous a posé plusieurs questions à ce sujet. Pouvez-vous y répondre? Votre témoignage gagnerait en crédibilité. Et même si nous sommes anonymes, nous pouvons respecter le principe du débat ici.

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