jeudi 11 octobre 2018

L'Argentalet à sec à La Roche-en-Bresnil

Un riverain nous fait parvenir cette photo de l'Argentalet (affluent du Serein) à sec, au hameau de Clermont sur la commune de la Roche-en-Brenil. Avec ce commentaire : "du jamais vu, quand il y avait les étangs qui perdaient toujours un peu d'eau, la rivière ne se vidait pas. Certes, le climat change et cette sécheresse est très sévère mais on peut s'interroger sur la gestion de l'eau". Le 26 mai 2016, de fortes intempéries avaient causé la rupture de plusieurs digues d'étang sur l'Argentalet. Hélas, si ces dommages de crues entraînaient jadis la reconstruction rapide des digues, les services de l'Etat ont signalé aux propriétaires leur souhait de laisser la rivière en libre cours au nom de la continuité écologique. Autant dire qu'ils ont découragé toute tentative de restaurer les étangs, ce qui aurait sans doute demandé une longue bataille administrative, voire judiciaire.  Il n'y a donc plus de retenues sur cette zone. Mais il n'y a plus d'eau non plus lors des sécheresses sévères, comme sur la Romanée… Est-ce un gain pour la biodiversité aquatique et pour l'agrément des riverains? Où est la fameuse "continuité écologique" dans ces discontinuités temporelles et spatiales du débit, qui font disparaître localement le vivant? Nos élus vont-ils réellement engager une politique d'adaptation au changement climatique qui tienne compte des attentes des citoyens, sans se contenter de subir la fatalité de rivières devenant intermittentes du fait des sécheresses de plus en plus fréquentes et de la hausse des prélèvements d'eau? Ceux qui se flattent de penser "à long terme" sont-ils capables de se projeter au-delà des dotations à quelques années d'argent public? Autant de questions dont nous attendons des réponses convaincantes, pendant que nos rivières traversent épreuve après épreuve. 



8 commentaires:

  1. Ces étangs ont disparu suite à des défauts d'entretien majeurs des propriétaires, notamment celui de l'amont. Rappelez des faits objectifs. Si l'Argentalet est à sec et en faisant les mêmes raccourcis que vous, c'est donc à cause du défaut d'entretien d'un propriétaire d'ouvrage. Vous devriez porter plainte et faire le sale boulot.

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    1. Nous expliquons à nos adhérents propriétaires (ce que ne sont pas les étangs de l'Argentalet) les nécessités d'entretien de leurs ouvrages. Les fonctionnaires doivent le faire aussi : si l'on paie une police et un service public de l'eau, si l'on paie des personnels de syndicats de rivière, c'est pour ce contrôle et cet accompagnement des usages, certainement pas pour inciter à tout casser au nom du laxisme (ne plus avoir à gérer la rivière) et d'un fantasme infantile de rivière "sauvage" auto-entretenue.

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    2. le poisson pilote, la Pathé-Marconi (la voix de son maître) est rentré de vacances. Ces réflexions basiques nous manquaient!
      rappelez lui que le défaut d'entretien n'est pas illégal et que les étangs ne réchauffent pas l'eau, ne l'évaporent pas plus qu'une culture voisine; et quand l'étang est plein, il y a surverse: le débit sortant => le débit entrant, peu ou prou.

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  2. Ils ne comprennent pas bien.

    Vérifier qu'un ouvrage est bien géré, sanctionner au besoin, c'est le rôle normal de la DDT et de l'ONEMA.

    Faire des leçons et exercer des pressions sur la rivière "renaturée" dans le but de faire disparaître l'ouvrage, ça c'est pas le rôle de l'Etat. C'est la position intégriste des lobbys militants (pêche, FNE, ANPER-TOS, Rivières Sauvages).

    Ce n'est pas normal que des fonctionnaires d'un service public adoptent ces casquettes de militants écolos intégristes, tout comme le dit HYDRAUXOIS. Ce n'est pas dans la loi.

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  3. Le rôle normal de l'AFB, il semble que l'ONEMA n'existe plus. Cet établissement n'a aucun pouvoir pour faire disparaître des ouvrages, c'est le propriétaire qui signe en bas de la feuille. Si la fonctionnalité d'un cours d'eau passe par l'arasement d'un seuil, pourquoi pas alors. Vu le faible pourcentage de dérasements constatés dans ce pays, leur influence semble bien limité.

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    1. Chiffres CGEDD : plus de 20 000 ouvrages classés L2 (pas vraiment un détail), 75% de destruction dans les chantiers Seine-Normandie set Artois-Picardie, 50% en Loire Bretagne. Ce n'est pas un "faible pourcentage", mais une majorité des chantiers déjà réalisés dans des bassins à fort linéaire.

      (Vous savez, l'époque où les politiques et administratifs enfumaient les gens car l'information circulait très difficilement, et l'on pouvait dire n'importe quoi sans contradiction, c'est fini. Du coup, ceux qui s'y essaient encore produisent l'effet contraire.)

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  4. Bonjour,

    le rapport du CGEDD précise-t-il la hauteur moyenne des ouvrages détruits? S'agit-il majoritairement de seuils liés à des moulins (et d'une hauteur de l'ordre du mètre ou plus?) Ou s'agit-il majoritairement de petits ouvrages de quelques dizaines de centimètres comme il en existe aussi des milliers dans nos campagnes?

    Malheureusement, il me semble que les services de l'Etat peinent à établir un suivi exhaustif des actions en cours ou déjà réalisées, et à rendre publics ces suivis. Faute de moyen, de volonté politique au sein du ministère ? C'est très dommageable. Et malheureusement, les chiffres du CGEDD que vous citez semblent tout et ne rien dire en l'absence d'informations sur les caractéristiques des ouvrages détruits.

    A ce sujet, votre carte de recensement des ouvrages "détruits" ou "menacés" est intéressante. Cependant, la catégorie "menacée" n'est pas bien définie (ou peut-être est-elle définie quelque part sur votre site et je ne l'ai pas vu?): s'agit-il d'ouvrages pour lesquels il y a une étude engagée, ou sur lesquels un syndicat et un bureau d'études ont proposé de manière privilégiée une suppression? Ou s'agit-il d'ouvrages sur liste 2 dont les propriétaires sont inquiets du devenir ?

    La carte est impressionnante en petit format, on a effectivement l'impression que le rouleau compresseur de l'Etat est en marche, et cela est inquiétant. Si on zoome et qu'on commence à se poser des questions sur la signification des informations, on ne peut pas conclure honnêtement dans ce sens.

    Pas simple…

    Merci pour vos réponses.

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    1. Bonjour

      1) Le rapport du CGEDD est incomplet sur les hauteurs. Il devrait être du ressort des DREAL de bassin et des agences de l'eau d'assurer le suivi des chantiers qui sont financés. Ce n'est pas fait, mais ce n'est qu'un des nombreux exemples du manque de rigueur dans la gestion administrative de l'eau. Quand certains bassins en sont à ne pas donner les mesures obligatoires pour la DCE, on ne peut que craindre l'écheveau des responsabilités et contentieux à venir ; et en tout cas, on n'a pas grand chose à attendre sur le cas des moulins (qui n'est pas central dans les obligations de l'Etat vis-vis de l'Europe).

      2) Les chiffres du CGEDD sont conformes à ce que nous observons depuis 2012 sur nos bassins les plus suivis. L'agence de l'eau Seine-Normandie a une doctrine extrémiste : 0% de subvention quand il est (soi-disant) montré que l'ouvrage est techniquement effaçable. Pas étonnant d'arriver à 75% d'ouvrages détruits quand des fonctionnaires militants vont très au-delà de la loi et travaillent toujours à la limite de l'abus de pouvoir.

      3) La carte est mise à jour selon nos possibilités, qui ne sont pas infinies car nous sommes bénévoles. Elle est a priori très en-dessous de la réalité : en Normandie et en Artois, près de deux centaines d'ouvrages détruits ne sont pas encore indiqués.

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